Désintégration d’Emmanuelle Richard : Voix féminine sans concession de la génération Y

emmanuelle richard désintégration critique

Désintégration d’Emmanuelle Richard est déjà le 3e roman de cette jeune auteur alors âgée de 33 ans lors de sa sortie en 2018. Originaire de la banlieue parisienne, elle est apparue sur la scène littéraire en 2015 avec un premier roman déjà remarqué, La légèreté, sur des vacances adolescentes sur la huppée Ile de Ré …

Lire la suite

Tess D’Urberville : héroïne au travail comme antidote aux maux des hommes

Tess D'Ubervilles Thomas Hardy analyse roman

Tess d’Urberville publiée par Thomas Hardy en 1891 à la clôture de sa carrière de romancier avant de se consacrer uniquement à la poésie, est avant tout remémorée comme une héroïne victime des conventions sexistes et étriquées de l’époque victorienne du XIX e s. anglais et de l’hypocrisie morale dominante, en particulier celles concernant le …

Lire la suite

Guillaume Musso livre sa vision du métier d’écrivain et tacle les éditeurs

Dans son nouveau thriller « La vie secrète des écrivains » (16e roman, avril 2019), Guillaume Musso, le roi des best-sellers en France et à l’international, livre une mise en abyme sur son métier d’écrivain à succès et sur l’écriture et répond indirectement à travers son personnage d’écrivain misanthrope « Salingérien » retiré sur une île, à ses détracteurs, …

Lire la suite

« Romans monstrueux » : la complainte des jeunes auteurs français contre l’autofiction et les romans historiques

Une nouvelle génération de jeunes auteurs trentenaires, à la frontière de la génération X et Y*, s’est faite remarquer (i.e saluer ou moquer) il y a quelques mois, en novembre 2018, pour une tribune collective publié par Le Monde intitulée : « Pour dire notre époque monstrueuse, il faut des romans monstrueux ». Elle est …

Lire la suite

L’amour et les forêts d’Eric Reinhardt : « J’étais en train de me métamorphoser, pour la première fois de ma vie j’ai senti qu’enfin je devenais moi-même. »

l'amour et les forêts analyse critique citations contrefaçon

L’amour et les forêts d’Eric Reinhardt paraît lors de la rentrée littéraire de sept. 2014. Ce portrait de femme souvent comparé à Mme Bovary (même si cela est réducteur) pour le côté femme mal mariée qui s’ennuie et (souffre) et rêve d’autre chose a connu un grand succès tant commercial (vendu à plus de 100000 …

Lire la suite

Réparer les vivants de Maylis de Kerangal : « la folie comme seule forme de pensée possible (…) dans ce cauchemar d’une magnitude inconnue »

Réparer les Vivants est le livre qui aura consacré l’ascension fulgurante de Maylis de Kérangal en 2014 sur la scène littéraire française des années 2000, après deux opus déjà très louangés, Corniche Kennedy en 2008 et Naissance d’un pont en 2010. Multiprimé et adapté au cinéma en 2016 (réalisé par Katell Quillévéré, avec Emmanuelle Seigner …

Lire la suite

La crise de la vingtaine : source d’inspiration intarissable des jeunes auteurs de la génération Y

La crise de la vingtaine, du passage à l’âge adulte, des responsabilités ou encore crise d’adolescence tardive affectent tout autant la génération Y encore appelée millenials que leurs aînés. Un thème finalement éternel qui continue de nourrir la littérature et l’imaginaire des jeunes auteurs dans la droite lignée de cette littérature adulescente et regressive que …

Lire la suite

Dire, écrire le cancer : l’écriture plus forte que le mal (« Un cancer pas si grave » de Géraldine Dormoy)

Dire, écrire la maladie qu’elle soit cancer, sida (cf Hervé Guibert) ou autre est un vrai défi littéraire et personnel. Annie Ernaux, par exemple qui a écrit sur son cancer du sein dans « l’Usage de la photo » regrettait son manque de lecteurs, selon elle car « la société ne veut pas voir ce sujet traité de …

Lire la suite

Mémoire de fille d’Annie Ernaux : « Chaque jour et partout dans le monde il y a des hommes en cercle autour d’une femme, prêts à lui jeter la pierre »

Mémoire de fille est le 19e roman autofictif d’Annie Ernaux publié en 2016 et suivi comme d’habitude d’une abondante critique élogieuse. Avec un double regard rétrospectif et d’époque « de l’intérieur », elle choisit ici d’ausculter et de « déconstruire » l’âge sensible et complexe de l’adolescence. Roman sur l’adolescence mais peut-être pas paradoxalement roman pour ado (on est …

Lire la suite

Mars de Fritz Zorn : La quête désesperée et destructrice de « normalité »

mars fritz zorn critique analyse citations

Mars est la seule et unique œuvre posthume publiée en allemand sous pseudonyme par Fritz Zorn en 1977, alors que l‘auteur, résident à Zurich, décédait du cancer à l’âge de 32 ans. Auteur dont on ne sait rien de plus que ce qu’il aura confié dans son brûlot. Les circonstances de parution de ce livre …

Lire la suite

Brillante de Stéphanie Dupays : « L’entreprise avait compris que le lien le plus fort n’est pas pécuniaire, il est affectif. »

Brillante est le premier roman de la trentenaire Stéphanie Dupays publié en 2016 avec une sortie poche en 2017 qui a rencontré un certain écho (Prix Charles Exbrayat). Comme le laisse deviner sa couverture assez cliché qui semble repompée du diable s’habille en Prada sans en avoir l’humour (cela a d’ailleurs été changé pour la …

Lire la suite

Top 10 de mes livres qui font du bien et énergisants !

livres qui font du bien moral

Livres qui font du bien, livres qui rendent heureux, remontent le moral ou encore qui aident à mieux vivre, ou redonnent le goût de vivre, livres qui changent la vie… : les recherches les plus populaires sur les moteurs du web montrent que la tendance des livres feel good comme les appellent les anglo-saxons ou livres anti-déprime, roman doudou ont toujours la cote ! Récemment le critique Alexandre Gefen publiait « Réparer le monde » un essai sur les vertus réparatrices et même thérapeuthiques de la littérature, s’attirant au passage les piques des littérateurs chafouins qui considèrent que ce n’est pas la fonction des livres que de nous « soigner » ou « guérir » nos maux !

La Confession de Claude d’Emile Zola : premier roman du maître, l’avant Rougon Macquard

la confession de claude emile zola analyse critique extraits citations

La Confession de Claude est le premier roman d’Emile Zola, publié en 1865 (après avoir fait paraître son recueil de nouvelles/chroniques « Contes à Ninon » en 1864), alors qu’il exerce comme critique littéraire. Même si relativement méconnu et oublié aujourd’hui (hormis comme objet d’étude des chercheurs universitaires ou les curieux amateurs du maître littéraire), il reste une œuvre intéressante à plusieurs titres : d’abord bien sûr au titre de débuts littéraires portant en germe certains thèmes et le style de l’œuvre magistrale à venir (même si Thérèse Raquin en est plus annonciateur) et nous fait découvrir le Zola jeune écrivain aspirant à l’écriture, le personnage principal « soupçonné » d’être son alter-ego tente d’écrire également (même si le thème n’est ici plus qu’une toile de fond car c’est avant tout de son « cœur » et de ses premiers émois amoureux sous le signe de « l’union fatale » selon ses termes que le narrateur nous entretient ).

La femme rompue de Simone de Beauvoir : « C’est si fatiguant de détester quelqu’un qu’on aime. »

La femme rompue Simone de Beauvoir - Critique

Publié en 1967, La femme rompue de Simone de Beauvoir est un recueil de trois nouvelles écrit à la suite de ses principaux romans dont notamment Les Mandarins qui lui valurent le prix Goncourt en 1954. Moins connu (et éreinté par la critique de l’époque*) mais gagnant ces dernières années une nouvelle visibilité avec notamment …

Lire la suite

Quand le diable sortit de la salle de bain de Sophie Divry : « ce long animal mou, cruel, collant, dégueulasse, que j’appelle par défaut la nécessité, la dèche, la débine, la misère, la mouise… »

Dans Quand le diable sortit de la salle de bains (2015), Sophie Divry, notamment remarquée avec « La condition pavillonnaire », revisite le genre littéraire du « galérien » tant sur le plan économique que sentimental, voire les deux. Raconté avec la bonne dose d’auto-dérision et de cynisme qui va bien, il peut s’avérer particulièrement désopilant…

Fahrenheit 451 de Ray Bradbury : « Here we go to keep the world happy, Montag! »

Fahrenheit 451 de Ray Bradbury publié en 1953, a d’abord vu le jour sous la forme d’une nouvelle (« The Fireman », Le pompier en VF, elle-même dérivée d’une précédente intitulée « The pedestrian », « Le piéton » en VF suite à avoir été persécuté par un policier zélé alors qu’il marchait dans son quartier, on retrouve ses allusions à la marche à pied à travers le personnage de Clarisse, Bradbury n’ayant jamais passé son permis de conduire par méfiance des automobiles) publiée dans un magazine de SF en 1950. Bradbury l’étoffera ensuite sous la forme d’un roman en le tapant dans le sous-sol de la bibliothèque de UCLA à Los Angeles, en louant sa machine à écrire. C’est donc au milieu des livres et dans un lieu qu’il affectionne plus que tout (il revendique son éducation d’autodidacte self-educated faite dans les bibliothèques alors qu’il n’avait pas les moyens d’étudier à l’université) qu’il écrit un roman qui rend justement hommage à ces livres qu’il chérit tant et qu’il craint de voir négliger, tomber dans l’oubli et disparaître.

« Ecrire est un métier… qui s’apprend en écrivant » Simone de Beauvoir

Simone de Beauvoir, l’auteur du Deuxième sexe publié en 1949 qui l’a faite proclamer mère du féminisme moderne et toujours une référence, était un bourreau de travail. Philosophe, essayiste, romancière, mémorialiste et épistolière enthousiaste, pas un jour ne se passait sans qu’elle ne soit à sa table de travail, écrivant sans relâche ou se documentant pour ses travaux. Dans une intéressante interview de au Paris review elle livre ses secrets d’écriture et de productivité mais aussi ses goûts littéraires et influences, son expérience de l’édition :

La littérature jeunesse « young adult » manque-t-elle de « sérieux » ?

De JK Rowling mère de la saga Harry Potter et autres dérivés à Twilight, Hunger games ou Divergent, les romancières anglo-américaines se taillent la part du lion sur ce marché porteur de la littérature ado et jeunes adultes. Pourtant ces histoires fantastiques et autres dystopies, particulièrement quand le personnage central est une héroïne, sont souvent réduites à de la littérature commerciale facile sans intérêt littéraire, voire médiocre dont il faudrait même tenir éloignés les jeunes… Dans sa tribune au site Bustle*, la jeune auteur américaine de romans ados à succès (la trilogie Délirium, Before I fall/ »Le dernier jour de ta vie », etc.), Lauren Oliver

Continuer de Laurent Mauvignier : « Si on croit qu’on n’a pas besoin des autres ou que les autres sont seulement des dangers, alors on est foutu. »

Continuer, 11e roman de Laurent Mauvignier, écrivain discret d’origine tourangelle, qui trace et imprime son sillon d’une force tranquille et diversifiée dans le paysage littéraire français, a connu un beau succès critique tant auprès de la presse que des lecteurs. Parmi ses louanges on trouve : une « très belle histoire d’apprivoisement entre une mère et un fils », un « grand livre d’aventures, sauvage et abrupt, [à la] splendeur visuelle » ou encore une « leçon d’endurance et de ténacité, de courage face à l’adversité ».

Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir : Misères et splendeurs de la jeune-fille

Publié en 1949, Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir demeure une référence de la pensée féministe et est considéré comme l’oeuvre -massive de 1000 pages !- fondatrice de la 2e vague du mouvement féministe débutant dans les années 50. A la fois encensé et lynché au moment de sa publication, il reste une œuvre aujourd’hui une œuvre admirée et controversée, alors qu’on l’accuse notamment en France, d’être « dépassé ». L’oeuvre reste en réalité mal connue, l’image sulfureuse que l’on aime donner à son auteur, l’ayant tristement souvent écrasée et occultée, ajouté au fait qu’elle n’est pas ou mal et peu étudiée à l’école.