La traduction anglaise de l’Etranger d’Albert Camus continue de faire débat…

Alors que « L’étranger » d’Albert Camus, particulièrement vénéré outre Atlantique et Manche, fait l’objet d’une nouvelle version aux éditions « Penguin Classics, à l’occasion des 100 ans de la naissance de l’auteur, sa traductrice anglaise Sandra Smith également enseignante-chercheuse à l’Université de Cambridge, explique sa passion pour l’auteur de « The Outsider » (en version anglo-saxonne) et sa vision de ce chef d’oeuvre intemporel : Lire la suite

« The Hunger Games » par Suzanne Collins : Au commencement était la faim…

Alors que sort sur grand écran, l’adaptation du 2e tome de la saga « Hunger Games » (« Catching Fire » > « L’embrasement » en VF), revenons sur ce roman culte :
Dénoncer les dérives (et dangers) de la téléréalité, le sujet aurait pu sembler rebattu tant il y avait déjà eu de dystopies ou d’articles sur le sujet, que l’on pensait épuisé ou tout du moins loin de pouvoir remuer encore les foules… Côté francophone, le « Acide Sulfurique » d’Amélie Nothomb (2005) n’aura par exemple pas laissé grande trace… (voir articles : « La télévision, filon et bouc émissaire des jeunes auteurs« , « La télé(réalité) ne cesse d’inspirer les auteurs« ) ou encore le roman « Libre échange » de Bernard Mourad.
Chronique livre "The Hunger Games" de Suzanne Collins
Et pourtant en 2008 (2009 pour la VF), le 1e tome de la trilogie The Hunger Games déboulait dans les librairies U.S, salué par Stephen King, et provoquait le raz-de-marée que l’on sait (plus de 30 millions d’exemplaires vendus au total et adapté au cinéma en 2012, le 2e volet sort en nov. 2013).
Devenue reine de la « young adult literature », entre J.K Rowling (Harry Potter) et Stephenie Meyer (Twilight), Suzanne Collins n’en était pas à son premier coup d’essai. Lire la suite

Yasmina Khadra explique pourquoi il préfère écrire en français

« L’écrivain algérien de langue française » Yasmina Khadra s’est installé, depuis 30 ans, durablement et confortablement dans les librairies francophones avec ses romans épiques autour des thèmes de la guerre et du terrorisme. A l’occasion de la sortie de son nouveau roman, « Les anges meurent de nos blessures » qui raconte le destin tragique d’un boxeur dans l’Algérie des années 30, et alors qu’il vient d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle algérienne, il revient sur son choix de la langue française comme langue d’écriture, bien qu’elle ne soit pas sa langue maternelle : Lire la suite

« Thérèse et Isabelle » de Violette Leduc, Mémoires d’une jeune-fille brûlante (+ extraits)


Critique livre Violette Leduc à l'occasion de la sortie du bipic au cinéma : "Thérèse et Isabelle"
Après la peintre Séraphine, Martin Provost a eu la bonne idée, assez inattendue, de mettre à l’honneur d’un biopic, en cette fin 2013, l’écrivain encore trop méconnue Violette Leduc. Pour ce choix, il commente : « J’étais bouleversé par ce qu’il y a de secret en elle, de fragile et de blessé, tandis que le personnage public, surtout célèbre après les années soixante, personnage qui se voulait sulfureux et extravagant, me touchait moins. Il n’était qu’une façade. Je voulais approcher la vraie Violette. Celle qui cherche l’amour et s’enferme dans une grande solitude pour écrire. »
Protégée (et amoureuse sans réciproque) de Simone de Beauvoir et proche de Jouhandeau et de Genet, Violette Leduc est une écrivain, à la réputation d’ « écrivain pour écrivains » ou encore de « femme libre et d’amante scandaleuse », une sorte d’icône culte et underground des années 60, dont on ne parle aujourd’hui pas (plus) assez. Auteur d’une œuvre sensible aux accents autobiographiques (dont « La bâtarde » publié en 1964, le récit de son parcours de fille illégitime puis de ses amours bisexuels, reste le plus connu), elle écrit le plaisir charnel, comme Pauline Réage, dans une langue raffinée et poétique, d’une précision et d’une finesse très inventives. Elle ose aborder sans détour les amours homosexuelles, en s’inspirant de ses expériences de jeunesse (elle a vécu avec une enseignante avant de se marier, par amour, avec un homme). « Thérèse et Isabelle » constituait en 1954 le début de « Ravages », roman qui fut refusé par Gallimard, l’année où Histoire d’O, après un semblable refus d’autocensure, trouva refuge chez Pauvert. Ce superbe prélude supprimé parut chez Gallimard, expurgé et isolé en un précieux petit volume, en 1966, lorsque l’auteur eut acquis quelque notoriété. Mais l’auteur n’eut jamais la satisfaction de le voir en édition intégrale tel qu’il avait été conçu en trois années de travail. Ce sera seulement en 2000 que les Editions Gallimard l’ont publié, postfacé par Carlo Jansiti. A noter que l’ouvrage a été adapté au cinéma en 1967.
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« Moi Christiane F., 13 ans droguée, prostituée » : Requiem for a dream…


Alors que paraît en ce mois d’octobre 2013 la « suite », 30 ans plus tard de la vie cabossée de son anti-héroîne (qui y relate notamment sa «deuxième vie», la gestion de sa célébrité post publication et film, son voyage de promo à New York et autres interactions avec le show-biz jusqu’à sa malheureuse rechute avec l’héroïne et la naissance de son fils, «le cadeau de sa vie») revenons aux sources toujours intactes du livre culte des eighties. « Moi Christiane F., 13 ans droguée, prostituée » est un roman d’adolescence qui continue de se lire, sans discontinuer, avec la même ferveur de génération en génération. Entre le document et le récit autobiographique, il est l’œuvre de deux journalistes allemands, Kai Hermann et Horst Rieck, sur la base d’une interview de plus de deux mois de la jeune Christiane, alors âgée de 15 ans, rencontrée dans un tribunal de Berlin en 1978. Lire la suite

Manuscrit rejeté : Faut-il persévérer ? Les conseils de Capucine Roche, lectrice d’édition

Capucine Roche est lectrice d’édition professionnelle, journaliste et auteur du guide « Comment se faire éditer ? ». Exerçant en indépendante depuis 2010, elle s’est donnée pour mission d’aider les aspirants écrivains à comprendre les raisons du refus de leur manuscrit, en leur livrant un avis argumenté. Buzz littéraire l’accueille pour une série de chroniques sur le thème de l’édition et des manuscrits. Voici sa deuxième chronique ayant pour thème : Après un refus, est-il utile de retravailler (et comment) son manuscrit avant de le renvoyer à un éditeur ?, illustré d’exemples d’auteurs qu’elle a pu interviewer.
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« Un temps fou » de Laurence Tardieu : « Avant j’avais un nom et une vie. Maintenant je marche à côté de vous, très lentement (…). »

Laurence Tardieu - Critique "Un temps fou" - www.buzz-litteraire.com
Apparue sur la scène littéraire française en 2002, et révélée par « Puisque rien ne dure » en 2006, Laurence Tardieu creuse son sillon avec aujourd’hui six romans à son actif. Entre autofiction et récit intimiste, elle explore les blessures de l’être -du deuil impossible d’un enfant aux difficiles relations familiales-, le rapport à la la filiation et les sentiments bien sûr. De sa voix singulière, à la fois élégante, douce et violente, elle effeuille minutieusement et subtilement les non-dits, les microcosmes intérieurs, les douleurs et les passions. Dans la lignée de Camille Laurens, Nina Bouraoui ou Delphine de Vigan, cette romancière, affectionnant Modiano et Duras, a su s’imposer. « Un temps fou » est paru en 2009 (en poche en 2010) : Lire la suite

Voile levé sur l’ « écrivain-fantôme » (nègre littéraire) : « un comédien de l’écriture »

Dénommé sous l’affreux titre de « nègre littéraire » en France et « écrivain fantôme » Outre Atlantique, l’écrivain qui prête sa plume à une voix célèbre ou non, suscite bien des controverses.
On accuse souvent leurs clients de « tromper » le lecteur, de « tricher », en faisant écrire à leur place leur livre. Une petite interview nous en apprend un peu plus sur cet auteur de l’ombre : Lire la suite

« Le magicien d’Oz » (« The Wonderful Wizard of Oz ») de L. Frank Baum : derrière le conte, l’histoire de l’Amérique et de ses pionniers (1/2)

Pour nous lecteurs français, ce sont surtout les contes de Grimm ou d’Andersen (deux influences reconnues aussi par Baum, avec également celle de Lewis Carroll en 1865) qui ont bercé notre enfance. « Le magicien d’Oz » (publié -pour la 1e fois !- en intégralité en VF, « Le cycle d’Oz » en 2013 au Cherche Midi, sous la houlette de Claro qui avait d’ailleurs revisité le conte dans « Cosmoz » en 2010) est plus souvent associé au souvenir de son adaptation cinématographique de 1939 par Victor Fleming avec Judy Garland dans le rôle de la sémillante Dorothy et sa fameuse petite robe tablier vichy bleue.
Aux Etats-Unis, c’est bien plus que cela : une véritable institution et une histoire profondément ancrée dans son ADN, tout un symbole qui irrigue régulièrement encore sa culture populaire moderne.
Deux petits exemples : dans le film « Confessions d’une accro du shopping » lorsque le réceptionniste du célèbre magazine où rêve de travailler l’héroïne le compare à la Cité d’émeraude et lui indique qu’un autre poste moins glamour pourrait bien être son « yellow-brick road » (chemin de briques jaunes). Lire la suite