"J'ai choisi les mots comme seule arme, j'ai une confiance tout à fait illimitée en leur pouvoir."
(Michel Houellebecq)
"In the particular is contained the universal."
(James Joyce)

De la Femme, Du Féminisme, De Bénédicte Martin, de Nabilla, d’Eve et Pandora…

simone de beauvoir - dichotomie femme sexualite et intellect

En mars 2014, Bénédicte Martin publiait « La femme » son 4e livre, dont la couverture faisait une nouvelle fois scandale (censuree par Apple car juge « inappropriée » sur sa plateforme numérique) 11 ans après son recueil Warm up publié en 2003 dont la couverture avait été jugée tout aussi « choquante ». Objet du courroux ? Le corps féminin, …

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Le loup des steppes d’Herman Hesse : « La folie, au sens élevé du terme, est le fondement de toute sagesse »

Publié en 1927, Le loup des steppes est considéré comme le chef d’œuvre d’Herman Hesse, écrivain allemand, Nobel de littérature en 1946, inspiré par la religion hindouiste, la psychanalyse de Jung ou encore le romantisme classique d’un Goethe.
Ce roman, censuré pendant le régime nazi (pour ses thèses anti-militaristes), puis devenu roman culte des années 60 et 70 (notamment récupéré par le mouvement hippie et beat generation bien que Kerouac ne l’aimât pas), adoubée comme « œuvre phare de la littérature du XXe siècle », marque de son influence de nombreux auteurs contemporains (voir par ex, l’interview de Florian Zeller qui l’évoquait pour l’écriture de Julien Parme). Thomas Mann a déclaré à sa sortie : « Ce livre m’a réappris à lire ».
Plus particulièrement lu par la jeunesse (bien que mettant en scène un homme mûr), il mêle différents registres allant du « roman de crise existentielle », quête initiatique à l’expérience spirituelle. Mais aussi réflexions psychanalytique, artistique, critique socio-politique et conte philosophique… A noter qu’une nouvelle traduction en 2004 a redonné une nouvelle jeunesse au texte* :

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Ecrire selon Colette

« Ecrire ! Pouvoir écrire ! Cela signifie la longue rêverie devant la feuille blanche, le griffonnage inconscient, les jeux de la plume qui tournent en rond autour d’une tâche d’encre, qui mordille le mot imparfait, le griffe, le hérisse de fléchettes, l’orne d’antennes, de pattes, jusqu’à ce qu’il perde sa figure lisible de mot, mué en insecte fantastique, envolé en papillon-fée…

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« L’insoutenable légèreté de l’être » de Milan Kundera : « Que peut valoir la vie, si la première répétition de la vie est déjà la vie même ? » (1/2)

« L’insoutenable légèreté de l’être » (titre sublime s’il en est) est le plus célèbre roman de l’écrivain tchèque (émigré en France depuis les années 70) Milan Kundera, publié en 1984 (date qui fait étrangement écho au roman du même nom et qui présente le point commun de dénoncer le totalitarisme) et adapté au cinéma par Philip Kaufman en 1988). Entre le roman et l’essai, la fable et l’allégorie, ce livre inclassable, aux multiples niveaux de lecture, vient nous rappeler, sainement, qu’il n’y a définitivement pas de règle en littérature.
La structure particulièrement originale de cette histoire d’amour multidimensionnelle aux accents politique, philosophique voire métaphysique peuvent parfois dérouter voire rebuter certains lecteurs tandis que d’autres s’extasient au contraire sur sa richesse et la finesse de ses analyses. Retour sur ce livre culte, influence certaine de la nouvelle génération littéraire :

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« L’Assommoir » d’Emile Zola : « Le premier roman sur le peuple qui ait l’odeur du peuple »

De Céline à Virginie Despentes en passant par Faiza Guène, l’usage du langage « populaire », « de la rue », aura toujours suscité la polémique en littérature. Déjà en 1877, l’Assommoir, septième tome de la fameuse saga des Rougon Macquart (l’ « Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire »), suite immédiate du roman « La fortune des Rougon », ouvrait le bal. Censurée (alors qu’il était publié en feuilleton dans le journal « Le bien public ») puis attaquée pour la « crudité » de sa langue et la « bestialité des personnages », jugées immoraux et de mauvais goût, cette ouvre emblématique du chef de file du naturalisme, l’Assommoir est aussi son premier succès. Et depuis, resté comme l’un des meilleurs des 20 tomes de sa série. Avec ce roman, Zola fait « entrer l’ouvrier dans la littérature ». Néanmoins, il se refuse à tout idéalisme ou « humanitairerie ridicule », pour lui il faut attaquer les plaies au fer rouge, celles de la bourgeoisie, comme celles du peuple « la morale se dégageant elle-même ». Il ne se veut ni philosophe ni moraliste. « J’aime les récits âpres et vrais qui fouillent hardiment en pleine nature humaine. » disait-il. Un roman, qui même s’il est étudié en cours, reste un peu moins cité qu’une Madame Bovary (dont son héroïne Gervaise Macquart est parfois considérée comme « sa petite sœur prolétarienne »). Et c’est un tort car son histoire est tout autant si ce n’est plus passionnante :

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Patrick Modiano interpelle les auteurs de la nouvelle génération face aux nouvelles technologies (discours Nobel)

discours patrick modiano et ecrivains nouvelle generation

Le 7 décembre 2014, Patrick Modiano prononçait de sa voix lente et hésitante caractéristique, son riche discours de remerciement à l’Académie du Nobel pour le prix Nobel de littérature qu’il vient de recevoir. Il a ainsi livré une leçon de maitre sur l’écriture, tour à tour onirique ou nostalgique, sur le rapport lecteur-romancier ou encore …

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Blondes… MAIS écrivains : De Marilyn Monroe (« Fragments ») à Nelly Arcan (« A ciel ouvert »)

Contre toute attente, l’auteur phare de cette rentrée littéraire 2010 aura peut-être été celle dont on ne soupçonnait même pas qu’elle sache tenir un stylo : Marilyn Monroe ! On s’arrache ses « Fragments » de poésie, de lettres et autres bribes intimes posthumes. Et tout le monde de s’étonner, de s’exclamer : « La plus belle femme du monde était aussi intelligente« .
L’incompatibilité d’un quelconque talent ou au moins sensibilité intellectuel(le), littéraire et de la beauté, du sex-appeal (surtout féminin): un préjugé toujours bien ancré dans les mentalités, même 50 ans plus tard… Pourtant une idiote n’aurait pas pu avoir la carrière de Marilyn, quelle que soit sa plastique. Autre blonde, autre suicide -au même âge : 36 ans-, celui de Nelly Arcan , l’an dernier, en septembre 2009. Elle n’était pas actrice mais bien écrivain même si elle aura dû batailler pour en obtenir la reconnaissance. Trop belle, trop photogénique… Le poids écrasant du physique était justement au centre de son œuvre qu’elle n’a eu de cesse de décrire avec virtuosité, n’ayant jamais de mots assez forts pour condamner cette « cage » ou cette « burqa de chair » dans laquelle elle périssait, mais qu’elle cultivait aussi paradoxalement. Tentons de rapprocher ces deux icônes blondes, d’autant que la seconde évoquait la première dans son avant-dernier roman « A ciel ouvert » :

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« Baise moi » de Virginie Despentes : Sexe, flingues et girl power…

C’est en 1993 que « Baise moi » a déboulé dans le paysage plutôt bourgeois de la littérature française. On a tout entendu au sujet de ce premier opus « choc » : trash, sordide, malsain, cru, ultra-violent, porno, outrancier, amoral, dérangeant… Ecrit d’une traite (en 3 semaines), dans un moment de haine totale, il impose une voix puissante et authentique, sans volonté esthétisante, bien loin de Saint Germain des prés… Refusé par sept éditeurs, seule la maison d’édition Florent Massot l’acceptera. Le manuscrit est un succès d’édition et se vend à 50 000 exemplaires avant d’être traduit en dix langues. Titre méchamment provocateur, langue décomplexée, directe comme un uppercut, chapitres speedés et histoire nourrie aux scénarios de Quentin Tarantino Brian de Palma ou Quentin Tarrantino : Virginie Despentes, alors jeune inconnue de 24 ans, vendeuse chez Virgin, habituée des petits jobs et des grosses galères, rompt avec tous les codes habituels. Elle inaugure un nouveau style nerveux et vivant, déjà amorcé par des auteurs tels que Djian ou Ravalec, et lui ajoute sa rage et son féminisme. Ses deux héroïnes Nadine et Manu, interprétées sur grand écran en 2001, par les actrices de X Raffaëla Anderson et Karen Lancaume, sont depuis devenues des icônes, symbolisant un esprit de révolte et de prise de pouvoir éperdus dans une société où la femme joue trop souvent les victimes. Entre cavale sanglante et dérive euphorique hallucinogène, « Baise-moi » est devenu le manifeste d’une génération en quête d’une chance dans ce « monde sans pitié » pour reprendre l’expression d’Eric Rochant.

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« Las Vegas Parano » de Hunter S. Thompson, A la poursuite du rêve américain…

Paru sous le titre originale de « Fear and Loathing in Las Vegas » en 1971 et adapté au cinéma en 1998 par Terry Gilliam, « Las vegas parano » en VF fait partie des livres culte de cette génération d’écrivains enfantés par l’Amérique des 60’s/70’s, celles du Vietnam et du LSD, icônes de la contre-culture (aux côtés de Crash de Ballard, de l’Homme-dé de Luke Rhinehart ou encore Easy Rider de Dennis Hopper et Deus Irae de Philip K. Dick et Roger Zelazny). La génération « gonzo » comme ils se sont surnommés, en référence à leur pratique du journalisme gonzo, méthode d’écriture proche de la fiction prenant la forme de reportages subjectifs. Hunter le définit en ces termes : « Le reportage gonzo conjugue la vivacité de plume du reporter confirmé, l’acuité visuelle du photographe de guerre et les couilles du quaterback au moment du lancer ». Ainsi, Las Vegas Parano fait figure d’ovni littéraire avec ses délires hallucinogènes voire kamikazes et ses personnages à la marge aussi déjantés qu’irréductiblement libertaires, le tout sur fond de rock’n roll. En filigrane de ce road-trip héritier de Kerouac, il livre une critique féroce du rêve américain…

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