Rentrées littéraires

Publications de septembre et janvier

De « Camping Atlantic » à « New Wave » d’Ariel Kenig, Le temps des amitités adolescentes (+ extraits)

Après « La belle personne » de Christophe Honoré, nouveau rendez-vous cinématographico-littéraire sur Arte ce soir à 21h avec la diffusion de « New Wave », film-livre de Gael Morel et d’Ariel Kenig. Depuis 2005, Ariel Kenig fait entrendre sa voix singulière au sein de la littérature nouvelle génération. Auteur protéiforme, il s’est déjà illustré au théâtre et en littérature à travers des écrits pour la jeunesse, essai engagé et bien sur ses romans qui explorent les affres de l’adolescence, le temps des amitiés, de la fascination, du rejet… Autant de chemins initiatiques qu’il dépeint dans « Camping Atlantic » puis « La Pause » (qui vient de paraître en poche) et aujourd’hui « New Wave ». Un roman à la genèse pour le moins original et l’occasion de confronter la première (ré-éditée en poche début 2008, J’ai lu Nouvelle génération) et la dernière parution d’Ariel Kenig.

« Dessous c’est l’enfer » de Claire Castillon, Entrez dans la fosse aux lions ! (+ interview vidéo de Claire Castillon)

Avec son sixième roman « Dessous c’est l’enfer », (qui annonce immédiatement la couleur !), Claire Castillon, « experte en contes cruels » selon l’expression du Monde des livres, continue de disséquer la féminité, le couple, le mariage, les relations hommes-femmes, la famille et l’enfance (malheureuse), de son regard noir charbon et de sa plume sardonique toute en ironie. Une certaine radicalisation se fait ici sentir, depuis son premier opus « Le grenier » où déjà elle réglait ses comptes avec la gente masculine (et les hommes adultérins en particulier). La violence des sentiments et des incompréhensions saupoudrée d’une certaine perversité prend le lecteur à la gorge et rend la lecture âpre… Verdict ?

Les gens du Balto de Faïza Guène

Les Gens du Balto, nouveau roman de Faïza Guène confirme son véritable talent d’écrivain. Avec ses deux ouvrages précédents, Du rêve pour les oufs et Kiffe kiffe demain, l’auteur de Bobigny, de parents originaires d’Algérie, a imposé sur la scène littéraire française une voix originale, revigorante, et délestée de toutes les contraintes formelles qui ont depuis longtemps commencé à faire bâiller tout le monde. Loin de la chronique de banlieue ou du témoignage social auxquels on a souvent associé à ses écrits, Les Gens du Balto se révèle être un texte truffé d’humour et de suspense, à mi-chemin entre un polar déjanté et un hommage à la France semi-profonde. Situé au terminus d’un RER, la ville-cadre du roman porte un nom éloquent – Joigny-les-deux-bouts, et telle qu’elle nous est décrite, évoque bien davantage nos campagnes oubliées que nos cités parfois surmédiatisées.

Lacrimosa : Lettre en demi-teinte à Régis Jauffret… et à Charlotte

« On peut décrire l’état du désespéré en proie au désespoir directement, en le faisant parler, suivant le procédé des poètes. Mais l’on ne peut déterminer le désespoir que par son contraire ; et pour que la réplique ait une pleine valeur poétique, elle doit offrir dans un langage coloré le reflet de l’opposition dialectique. » Soren Kierkegaard.

Mon cher Régis,
Permettez que je vous appelle Régis. Permettez que je m’imagine m’adresser à vous. Ça me défrise un peu de penser que je fais la retape en direction de vos futurs clients. Même si j’ai l’impression de ne faire que ça depuis des années. Pas depuis le début quand même c’est vrai, à l’époque j’étais plus intéressé par les aventures de Galactus. Convenez d’ailleurs que c’est heureux, puisque si j’avais commencé par la lecture de votre pièce de théâtre, je me serais certainement désintéressé de la suite de votre carrière. N’empêche, depuis près d’une décennie que je vous suis avec l’ardeur d’un roadie, j’ai l’impression d’avoir un peu contribué à votre notoriété critique, puis publique, puis médiatique, et finalement à cette collection de médailles en chocolat que vous ne finissez plus d’accumuler.

Sortie poche de « Cendrillon » d’Eric Reinhardt, star de la rentrée littéraire de septembre 2007 (extrait)

Il était à la Une de tous les médias, encensé de toute part, le fameux « Cendrillon » d’Eric Reinhardt est un roman polyphonique, roman choral sur la classe moyenne, milieu de prédilection de l’auteur de « Le moral des ménages », à travers lequel il imagine celui qu’il aurait pu devenir s’il n’avait pas rencontré sa compagne à l’âge de 23 ans. Un autoportrait spéculatif et une mise en abîme qui nous entraîne dans les trajectoires de trois personnages : Laurent Dahl, trader multimillionnaire en fuite après avoir effectué une opération frauduleuse, Patrick Neftel, obèse frustré coincé chez sa sa mère se gavant de téléréalité et enfin Thierry Trockel, géologue travaillant à extraire de la chaux pour une multinationale et surfant sur des sites pornographiques… Un roman très personnel qui fait aussi la part belle à de nombreuses digressions, considérations sur l’art, le cinéma, la littérature et rend notamment un hommage récurrent au poète Mallarmé, adulé par l’auteur. Extrait choisi pour vous mettre dans l’ambiance… :

Les teen-novels de la rentrée littéraire : « Encore un jour sans massacre » de T.Dirick, « Journal d’un dégonflé » de J. Kinney, « Guerre à Harvard » de N. Mc Donell, « Corniche Kennedy » de M.de Kerangal, Ravalec…

Après les phénomènes fin 2007, « Boris Bergmann » (qui publiait, à 15 ans, chez Scali, « Viens là que je te tue ma belle » soit le journal romancé d’un ado faisant son éducation à travers la découverte du rock, prix de Flore du lycéen) et du blogueur « Brad-Pitt Deuchfalh » (qui racontait ses déboires de collégien sur son blog avant de devenir un livre édité chez M6 Editions, élu d’ailleurs livre de l’été), qui ne nous avait pas enthousiasmés mais qui ont apparemment su rencontrer leur lectorat, au moins pour le deuxième, la rentrée littéraire réserve encore quelques récits/romans dans cette même veine mais aussi de façon plus générale sur l’adolescence ou encore le monde des campus… Un genre où il reste difficile d’éviter les clichés et où le niveau littéraire est inégal…

L’Homme qui tombe de Don DeLillo

Don DeLillo s’est lancé sans réfléchir dans l’écriture de L’Homme qui tombe, trois ans après son article In the ruins of the future (Dans les ruines du futur) paru quelques semaines après le 11 septembre, au lendemain de la réélection de George Bush. Il reste à ce jour le roman le plus juste jamais consacré …

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« Véronica » de Mary Gaitskill, Misère et splendeur du New-York des 80’s

Encore méconnue en France l’américaine Mary Gaitskill faisait partie de la désormais mythique bande du « Brat Pack », la nouvelle «génération perdue» chouchoutée par les agents et les éditeurs. Un groupuscule de romanciers et de novellistes précoces (dont les chefs de file ne sont autres que Jay McInerney et Bret Easton Ellis ou encore Donna Tartt), jouant de leur insolence blasée et portant un regard acéré sur leur époque et leur univers croisant sans complexe cocaïne, rock’n’roll, réalisme urbain et romantisme. Chaudement saluée aux Etats-Unis par la critique, son 1e roman « Veronica » (après un recueil de nouvelles « Mauvaise conduite » traduit en 1989) a été classé par le New York Times parmi les cinq meilleurs livres de fiction de 2005, et sélectionné cette même année pour le National Book Award. Dans un style minimaliste et lumineux, elle y dresse le portrait douloureux et émouvant de deux femmes, Alison Owen, atteinte d’hépatite à l’âge de 50 ans, qui se retourne sur son passé, sa vie de bohème et ses rêves de paillettes, avant de croiser Véronica Ross, autre oiseau de nuit excentrique et sidaique, qui a choisi de vivre sa marginalité en toute liberté. Derrière leur désinvolture, se dessinent progressivement les fêlures tandis que resurgit toute une époque clinquante du New-York des années 80…

Pourquoi j’ai calé à la 150e page (sur 640) de « La consolante », le dernier roman d’Anna Gavalda…

Le dernier gros buzz littéraire de ce début d’année 2008 était incontestablement le dernier et quatrième roman signé de l’auteur star de « Ensemble c’est tout » et « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part », Anna Gavalda qu’on ne présente plus. Tiré à 300 000 exemplaires, « La consolante » était le roman le plus attendu de l’année selon Livres Hebdo. Une histoire fidèle à l’univers de l’auteur passionnée par les « êtres fêlés » parce qu' »ils laissent passer la lumière » comme elle aime les qualifier en citant Audiard. Un roman comme une sorte de chorale de deuil autour d’un personnage, Charles Balanda, architecte à Paris de 47 ans coincé dans un mariage qui n’en porte plus que le nom, dont la vie bascule quand il a apprend qui incidemment le déces d’une femme, la mère d’un de ses amis d’enfance qu’il a connue dans sa jeunesse. Cherchant à occulter cette douleur comme il occulte le reste de sa vie, il devra malgré tout lui faire face et entreprendre un travail de deuil qui le poursuit. Il en perd l’appétit, le sommeil, abandonne plans et projets tout en essayant de comprendre pourquoi tout se fissure autour de lui… A travers une forme également fissurées entre puzzle et patchwork, qui assemble les scènes de sa vie, ses peurs sur fond de crise de la cinquantaine, mais aussi les confessions d’une mystérieuse femme, Gavalda tente de montrer que malgré tout la vie peut être reconstruite et s’avérer belle (un gavaldisme par excellence !). Pourtant l’accueil du roman s’est avéré pour le moins mitigé et ce nouveau rendez-vous ressemble à un rendez vous manqué…

« 100 romans de première urgence pour (presque) tout soigner » : la littérature au secours des maux de l’âme… (+ Interview de S.Janicot)

« Le désir d’une trêve, (…), aucune lecture ne l’exauce jamais. On avale les potions de l’encre, chaque jour un peu, pour faire tomber la fièvre, on l’aggrave en fait. » écrivait Christian Bobin qui manifestement ne croit guère aux vertus thérapeutiques de la littérature. D’autres pensent au contraire que la poésie a par exemple des vertus d' »antidépresseur » ! Et Montesquieu notait dans ses Pensées diverses : « Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé. »
Stéphanie Janicot, responsable des rubriques littéraires du magazine « Muze » (Bayard presse) et par ailleurs auteur d’une dizaine de romans (‘Les « Matriochkas », « La Constante de Hubble »…), livre, elle, une sorte d’ordonnance littéraire, « 100 romans de première urgence pour (presque) tout soigner ». Ou comment trouver remède avec la littérature… Après Lucia Etxebarria (qui fait d’ailleurs partie de sa sélection) qui nous livrait ses réflexions pour « ne plus souffrir par amour », elle s’amuse ici à prescrire pour chaque « symptôme » (enfance difficile, amour malheureux, handicap, pauvreté, maladie, etc.) un roman permettant de le traiter. Un livre concept (et un site qui l’accompagne intitulé de l’éloquent « Lire guérit ») qui, s’il a le mérite de l’originalité sur sa forme déçoit un peu sur le fond.

« Madame Bovary » de Flaubert vue par Claro (auteur de « Madman Bovary »)

Qu’on l’aime ou non, Madame Emma Bovary, épouse frustrée et volage de Charles Bovary brave médecin de province en Normandie, rêvant d’une vie plus romanesque et surtout plus frivole, héroïne du premier roman d’un trentenaire, un certain Gustave Flaubert en 1857, n’en finit pas d’inspirer les auteurs d’aujourd’hui (« Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary » de Philippe Doumenc ou encore « Monsieur Bovary » d’Antoine Billot en 2007), suscitant tour à tour compassion, agacement ou dégoût… Considéré comme le « roman des romans », Madame Bovary est notamment salué par les uns pour « sa transition originale entre Balzac et Zola avec un réalisme ironique qui emprunte au milieu médical de son auteur une impassibilité clinique qui frise le nihilisme et un goût presque maladif pour l’exactitude. » et pour d’autres pour « la place absolue attribuée au style, au travail sur la prose comme des vers, les clichés et les savoirs, la technique des « points de vue » et l’indirect libre, l’imaginaire symbolique et la critique de la modernité, le culte du détail et de l’anomalie et une certaine esthétique de la cruauté. » * Un texte qui a su débarrasser des interventions d’auteur, de l’omniscience du narrateur, de ses innombrables explications et thèses, des descriptions qui expliquent le personnage par son milieu et des grosses ficelles narratives. Ici l’auteur se contente d’exposer et laisse le soin au lecteur de conclure… Bref, un chef d’œuvre que n’a pas hésité à revisiter Claro, connu pour ses traductions de William T. Vollmann, James Flint, Thomas Pynchon, Marc Z. Danielewski ou encore Dennis Cooper…, et sa collection « Lot 49 » (fiction contemporaine de langue anglaise) aux Editions du Cherche-Midi. A l’occasion de la sortie de son roman « Madman Bovary », aux éditions Verticales, il a accepté de nous confier son lien particulier avec « Madame Bovary » :

« Absurditan » de Gary Shteyngart, une fable politique au pays de Poutine dans le buzz de la rentrée littéraire

Un buzz grandissant se fait entendre autour du deuxième roman « Absurdistan », du russo-américain (né à Leningrad en 1972, émigré aux États-Unis en 1979 : oui, oui) Gary Shteyngart, âgé de de 36 ans, 3 ans après le succès de son « Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes Russes » (les aventures loufoques d’un jeune garçon émigré …

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« Les habitants » de Mano (Hachette Littérature), Le cauchemar climatisé et sécuritaire des villes de Mickey

A l’occasion d’une interview pour un autre support, j’ai été amenée à lire le troisième roman d’un jeune auteur de 33 ans encore méconnu (à tort ou à raison ? je vous en laisserais seul(e) juge) : « Les habitants » de Mano (de son vrai nom Manolis Mavropoulos). Publié dans la collection « La Fouine » (créée en 2003/2004) chez Hachette Littérature (qui a entre autres édité l’excellent « Do you like your job ? » de Charles Guérin Surville ou encore la best-seller Faïza Guène auteur de « Kiffe-kiffe demain »), il s’inscrit dans cette lignée de romans enracinés « dans la réalité du monde d’aujourd’hui », « une littérature réaliste, sociale et documentaire, dans la lignée des grands romanciers du XIXe siècle français, mais aussi des auteurs russes comme Dostoïevski », « une manière littéraire de rendre sensible les enjeux de l’époque », comme l’expliquent ses éditeurs et fondateurs Charles Pépin et Guillaume Allary. Une ligne éditoriale qui ne peut que faire envie même s’il est parfois difficile de faire preuve d’originalité comme le démontre ce roman de Mano…

« Beau rôle » de Nicolas Fargues : One man speech

Après le grand succès de « J’étais derrière toi » et de « One man Show »), Beau rôle suscite d’ores et déjà l’engouement (déjà en ré-impression). Roman d’époque sur les différentes notions de la différence (le métissage…), l’identité masculine, les femmes ou encore les vanités… Hommage à l’auteur comparé par notre lectrice enthousiaste à Kundera, Modiano ou Bruckner :

Le « monde du travail », source d’inspiration de la rentrée littéraire 2007 : « Open-space » de Joshua Ferris, « CV roman » de Thierry Beinstingel, « Portrait de l’écrivain en animal domestique » de Lydie Salvaire, etc

Le « roman de bureau » selon l’expression consacrée est devenu un genre à part entière en France depuis les succès de « 99 francs » de Frédéric Beigbeder, d' »Extension du domaine de la lutte » de Michel Houellebecq ou même du « Stupeur et tremblements » d’Amélie Nothomb. L’an passé, en 2006 c’était « Marge brute » de Laurent Quintreaux qui attirait l’attention ou encore le très bon « Les actifs corporels » de Bernard Mourad (qui vient de sortir en poche). C’est en effet un excellent sujet romanesque souvent très noir : une mine de désillusions, d’hypocrisie, de vide intellectuel, d’aliénation et de comédie sociale assez insupportable en particulier quand on a l’âme littéraire ou artistique… Des « violences en milieu tempéré » qui attisent l’inspiration des écrivains (et scénaristes), racontant le martyre du malheureux pion, rouage qui doit subir le rouleau compresseur de sa culture (d’entreprise), ses rites et ses codes obligés et autres non-sens parfois kafkaiens qui abondent. Bref l’entreprise vue du rayon littéraire rime souvent avec enfer ! En cette rentrée littéraire de septembre 2007, auteurs français et anglo-saxons s’attaquent de nouveau au monde du travail et à la précarité… Panorama :

Japon et rentrée littéraire : « Ni d’Eve, ni d’Adam » d’Amélie Nothomb, « Journal d’un étudiant japonais à Paris » de Christophe Léon et « Hoffmann à Tôkyô » de Didier Da Silva…

Le Japon et plus particulièrement Tokyo fascinent les écrivains. En cette rentrée, le nom d’Amélie Nothomb a bien sûr été incontournable : la suite de ses (excellentes) tragico-burlesques mésaventures dans les bureaux tokyoites (« Stupeur et tremblements« ) a créé, une fois de plus l’évènement d’autant plus que ce tome 2 intitulé « Ni d’Eve, ni d’Adam » (voir extraits ci-dessous) a bénéficié d’un excellent accueil critique et s’est même « qualifié » sur les premières listes des prix Renaudot et du Goncourt 2007 avant d’obtenir à la grande surprise le prix de Flore 2007. A signaler également un autre roman qui peut vous intéresser : « Journal d’un étudiant japonais à Paris » de Christophe Léon. Enfin c’est l’occasion de vous recommander chaudement le très sympathique carnet de voyage de Frédéric Boilet, L’apprenti-japonais, à Tokyo qui fait écho aux remarques de la romancière belge et de (re)lire « Stupeur et tremblements » (voir ci-dessous). Même si nous sommes ici loin du Tokyo d’un Haruki Murukami ou de son confrère Ryu Murakami… Bonne lecture !

« La Physique des catastrophes » de Marisha Pessl, un campus novel dans le buzz de la rentrée littéraire…

Comme le veut la tradition, la rentrée littéraire révèle quelques (jeunes) « stars » des lettres américaines. L’an dernier c’était Benjamin Kunkel que l’on portait aux nues avec « Indécision » ou Nicole Krauss avec « L’histoire de l’amour » et cette année les médias bruissent tous du nom de Marisha Pessl, une jeune américaine de 28 ans (au moment de la sortie du livre US), venue de Caroline du Nord et diplômée de l’université de Columbia, auteur (qualifiée d' »enfant prodige ») du très remarqué « La Physique des catastrophes » (en VO : “Special Topics in Calamity Physics”). Au jeu des comparaisons, on a déjà droit à « l’orgie romanesque » d’un John Irving ou encore le volumineux Donna Tartt, « Le maître des illusions ». Son premier roman, sélectionné par le «New York Times Book Review» parmi les cinq meilleurs de l’année 2006, a déjà reçu de nombreux prix littéraires. Si vous aimez les campus novels matinés d’érudition universitaire et de suspens typique des « storytellers » américains, alors vous pourrez ajouter ce roman à votre P.A.L (pile à lire) !

Au secours pardon de Frédéric Beigbeder

Frédéric Beigbeder a la grâce de toucher juste même quand il fait preuve de mauvaise foi. Ce qui ne le lave pas de ses nombreux pêchés. Implorant notre pitié dans Au Secours pardon, notre faux pénitent serait-il sur la voie de la rédemption ? A moins que son chemin de croix en Russie ait transformé l'(ex) Adolescent en Idiot ?

« Le coeur cousu » de Carole Martinez

Coup de coeur pour ce premier roman, à la puissance lyrique rare, de Carole Martinez une parisienne d’une quarantaine d’années, professeur de français à Issy-les-Moulineaux, qui avait déposé son manuscrit alors inachevé chez Gallimard, à l’accueil. Coup de foudre de Jean-Marie Laclavetine : «Ne changez rien, écrivez la fin», lui a-t-il dit, selon l’anecdote rapportée par le Nouvel observateur. Le prix Ouest-France -Etonnants Voyageurs ainsi que le prix Emmanuel-Roblès ne s’y sont pas trompés non plus en lui décernant leurs récompenses. Elle est également sélectionnée dans la prestigieuse liste des livres d’été des membres de l’Académie Goncourt. Un succès façon « L’élégance du hérisson » (de M.Barbery) ne serait pas surprenant…

« Asiles de fous » de Régis Jauffret en poche : Toutes les familles sont psychotiques

Prix Femina 2005, le roman « Asile de fous » de Régis Jauffret vient de sortir en poche aux éditions Folio. L’occasion de se (re)plonger dans cette histoire de rupture de trentenaires qui oscille entre l’hystérie et le désespoir fou d’une femme lâchement abandonnée par son compagnon, confrontée brutalement à une solitude insupportable. De ce point de départ dramatique, Régis Jauffret, en roi du trompe-l’oeil, basculera soudainement, contre toute attente, dans la farce noire et satirique avec l’arrivée du beau père puis de son épouse qui porteront à leur paroxysme ce cirque du malheur et de la lâcheté ordinaires, en s’abritant derrière un réquisitoire sans pitié et injuste contre leur ex belle-fille. Douglas Coupland disait « toutes les familles sont psychotiques », Jauffret déclare qu’elles sont des « asiles de fous »… Une attaque au vitriol contre la famille d’aujourd’hui, berceau des névroses quotidiennes…