"Je lus pour la première fois le roman que j’allais le plus relire – plus de cent fois –, Les Jeunes Filles de Montherlant. Cette lecture jubilatoire me confirma dans l’idée qu’il fallait tout devenir, sauf une femme. J’étais sur la bonne voie, puisque j’étais un cancrelat", déclarait Amélie Nothomb. De son côté Frédéric Beigbeder rend hommage à ce brûlot épistolaire dans son panthéon personnel, comme "un pamphlet contre le sentiment amoureux et l'amour bourgeois". Montherlant, contemporain de Camus, Sartre ou encore Céline (qui le surnommait "Buste-à-pattes" en raison de son style guindé) ne jouit pas pour autant de la même célébrité posthume. L'aristocrate est même jugé démodé, de "réac poussiéreux", bien qu'il ait fait son entrée à la pléiade de son vivant. Ce qui est regrettable ! Immense succès et scandale (dont Simone de Beauvoir s’est faite la plus célèbre critique*) de 1936, ce cinquième roman de Montherlant est le premier tome d’un cycle de 4 (suivi de "Pitié pour les femmes", "Le Démon du bien" et "Les Lépreuses"). A travers la figure de la "groupie", il dessine le portrait d'une certaine féminité et masculinité, de la misère affective et du drame d'aimer sans retour. Avant Bridget Jones ou Clémence Picot, il y avait donc "les jeunes filles", terribles et magnifiques :







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